HUMBOLDT – L’INVENTION DE LA NATURE

Posted on 27/10/2019 par

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Voici un texte d’Olympe Rabaté, une ancienne autrice prolifique de ce blog, que j’ai le plaisir de publier et qui vous fera découvrir l’oeuvre de Alexander von Humboldt à travers l’ouvrage d’Andrea Wulf, L’invention de la nature, les aventures de Alexander von Humboldt. 

Article originalement publié sur le site Learning from landscapes

 

 

Connaissez-vous Alexander Von Humboldt ? Si ce nom ne vous dit rien, vous êtes peut-être déjà tombés sur l’un de ses magnifiques graphiques permettant de représenter d’un seul coup d’oeil un écosystème et ses données scientifiques.

« L​a pensée des​ environnementalistes, ​des​ écologistes et ​d​es écrivains ​de la nature reste ​profondément ancré​e​ dans ​celle de Humboldt​, ​bien que beaucoup ​d’entre eux​ n’aient jamais entendu parler de lui. ​Il reste cependant leur père fondateur​. ​» – L’Invention de la nature, Andrea Wulf

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Alexander Von Humboldt, Essai sur la géographie des plantes, 1805

Né en 1769, mort en 1859, Humboldt est le père oublié de la pensée écologique et environnementale. Le passionnant livre L’Invention de la nature relate la vie de ce naturaliste né à l’aube du XIXème siècle : un explorateur intrépide doté d’une pensée visionnaire, qui était aussi le scientifique le plus célèbre et le plus influent de son époque.

Une vie d’explorateur

Inspiré par Georg Forster, le naturaliste ayant accompagné le Capitaine Cook dans sa deuxième expédition autour du monde, Humboldt se lasse vite de son travail comme assesseur des mines. Selon lui, « le seul métier qui puisse associer science, émotion et aventure est celui de l’explorateur-naturaliste. »

Il quitte l’Europe à l’âge de 30 ans en 1799, accompagné du botaniste français Aimé Bonpland. Direction : l’Amérique centrale et du Sud ; le roi d’Espagne leur ayant donné une autorisation spéciale pour explorer l’intérieur du continent.

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« Humboldt et Aimé Bonpland au pied du volcan Chimborazo », peinture de Friedrich Georg Weitsch, 1806

Pendant 5 ans, le duo sillonne l’Amérique Latine, des jungles amazoniennes aux sommets des Andes. Ils amassent observations et récoltes tout en escaladant des volcans et pagayant dans les rapides. Humboldt s’immerge dans le terrain qu’il étudie et l’expérience sensible qu’il en fait. En 1802 il tente de gravir le volcan Chimborazo en Equateur. Il n’atteindra pas le sommet, mais arrivé à plus de 6.000 mètres de haut, il décroche le record d’altitude de l’époque.

Bardés de chronomètres, baromètres, thermomètres, télescopes, sextants, compas, magnétomètres, ils décrivent, dessinent et mesurent tout ce qui les entourent : des plantes exotiques aux populations locales, des faits historiques à la géologie, jusqu’aux différentes nuances de bleus du ciel (via un cyanomètre dont Humboldt est l’inventeur : un nuancier destiné à évaluer l’intensité du ciel).

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Cyanomètre, instrument de mesure de la couleur du ciel

Humboldt et Bonpland parcourent plus de 15.000 kilomètres avec leurs précieux instruments scientifiques et leur collection grandissante. Plantes séchées, graines, insectes, coquillages, specimens géologiques s’accumulent dans des boites et bocaux qu’ils transportent tour à tour à dos de mules ou en canoës. 

Explorant le Vénézuela, le Brésil, la Colombie, l’Equateur, le Pérou, Cuba et le Mexique, leur laboratoire nomade est soumis aux aléas du voyage. Plusieurs fois le travail des explorateurs est perdu ou détruit en cours de route… Malgré les difficultés d’une telle expédition, Humboldt tombe entièrement sous le charme des tropiques, du mode de vie à la végétation. Dans une des lettres qu’il écrit à son frère en 1801, il déclare : « J’étais fait pour les Tropiques, je ne me suis jamais senti aussi bien. »

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Carte des expédition d’Alexander von Humboldt

Humboldt rentre à Paris en 1804, où il est accueilli comme un héros. Il ramène des coffres remplis de cahiers, des centaines de croquis, des dizaines de milliers d’observations astronomiques, géologiques et météorologiques, et plus de 60.000 spécimens botaniques appartenant à pas moins de 6.000 espèces de plantes différentes. Un tiers des plantes qu’il ramène du Nouveau Monde n’ont jamais été encore vues ou étudiées par les scientifiques européens. 

Ce voyage façonne à jamais sa façon de voir le monde, et le rend instantanément célèbre dans le monde entier. Si Christophe Colomb a découvert l’Amérique sur le plan géographique, Humboldt l’a découverte sur le plan scientifique.

Arts & Sciences

« From my earliest days I was excited by studying nature, and was sensitive to the wild beauty of a landscape pristling with mountains and covered in forests.» – Alexander Von Humboldt, Personal Narrative of a Journey to the Equinoctial Regions of the New Continent

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Alexander Von Humboldt, profil du Volcan Chimborazo, 1829

Issu d’une famille prussienne aisée, Humboldt fait des études scientifiques polyvalentes qui le préparent indirectement à sa grande expédition. Sur place, il met en pratique et relie tous ces savoirs pour observer et décrire tous les phénomènes qui l’entourent. Il est physicien, géographe, historien, astronome, ethnologue, climatologue et vulcanologue.

A une époque où les divisions entre les disciplines scientifiques deviennent de plus en plus étanches, Humboldt est un savant universel qui prône une approche holistique. Bien qu’obsédé par la rigueur de ses mesures scientifiques, il accorde beaucoup d’importance à son imagination et à son intuition. Son exploration de la nature mêle l’étude scientifique avec des descriptions poétiques et sensorielles. Pour faire émerger la conscience d’un tout unifié par un jeu d’interrelations complexes, il associe les data quantitatives aux éléments artistiques, historiques et politiques.

Son style est unique et grand public. Utilisant un langage simple et non scientifique, il associe la géologie à la peinture de paysage ; transportant son audience de façon kaléidoscopique : de volcans en fossiles, d’aurores boréales en champs magnétiques, de flore tropicale en migrations humaines.

Ses notes et observations de terrain constituent la base de la longue série d’ouvrages qu’il publie. Tous connaissent un immense succès populaire: Essai sur la Géographie des Plantes, 1805 ; Tableaux de la Nature, 1850 ; Cosmos, 1847-1859, etc. Le public se presse aux conférences qu’il donne pour partager ses découvertes.

Sa vision du paysage

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« Comparative Chart of World Mountains and Rivers », Darton and Gardner, 1823 – Imprimeur anglais spécialisé dans les cartes, livres pour enfants et publications éducatives

Afin de condenser ses découvertes et ses mesures sur les paysages, Humboldt crée ce qu’il appelle des « Naturgemälde. » Ces « peintures de la nature » sont très influencées par les recherches de Goethe à la croisée de la philosophie et de la botanique. Pour Goethe la nature est un tout qui transcende les apparentes diversités. Les cartographies d’Humboldt permettent de révéler en un coup d’oeil des ensembles inédits de corrélations et d’interconnections. 

« Un microcosme sur une page. » 

Sa Naturgemälde du volcan Chimborazo est une coupe transversale qui décrit la répartition des différentes plantes selon l’altitude. À gauche et à droite de la montagne, des colonnes de légendes donnent les détails chiffrés : température, gravité, humidité et blancheur du ciel. Ces Naturgemälde sont la base de l’Essai sur la Géographie des Plantes dans lequel il étudie la distribution des plantes en relation avec la topographie du terrain. Il replace les végétaux dans leur contexte tridimensionnel, observant comment leur regroupement se modifie sous l’influence de l’altitude ou du climat.

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Géographie des plantes des Andes

Humboldt est un penseur du lien. Il est convaincu que l’étude classique de spécimens séchés dans des herbiers, bien qu’essentielle, ne peut pas suffire. Il faut comprendre les relations que les plantes entretiennent avec leur terrains et leurs conditions climatiques. Sa vision du paysage se nourrit autant de géographie que de botanique.

C’est une façon toute nouvelle d’étudier le paysage, qui tient compte de la situation, du climat et du sol.

Humboldt disait : « Plutôt que de découvrir de nouveaux faits isolés, je préfère relier des faits déjà connus. Découvrir une nouvelle espèce me semble beaucoup moins intéressant qu’observer les différentes hauteurs que les plantes peuvent atteindre au sommet des cordillères. »

Son avant-garde graphique

La variété des informations scientifiques proposées par les Naturgemälde, ainsi que leur simplicité, sont sans précédent. Ce sont des visuels grandioses qui accompagnent des récits d’aventures incroyables. Humboldt veut instruire et divertir. 

Ces peintures de paysages détonnent dans le monde scientifique et à l’international puisque les écrits d’Humboldt sont publiés en plusieurs langues. Diffusées très largement, ce nouveau type d’images intéresse et séduit le grand public. Humboldt perpétue ainsi le processus de vulgarisation des sciences qui avait été entamé quelques dizaines d’années plus tôt par l’Encyclopédie.

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Comparaison de montagnes

Bien avant google map, instagram, les logiciels 3D ou les documentaires animaliers, Humboldt rend la science visualisable et accessible pour tous.

Ces cartographies de données complexes sont les ancêtres des « infographies » et de la visualisation de données (« data vizualisation »). Humboldt y associe la puissance synthétique du schéma avec l’attraction visuelle de la peinture, car comme il l’explique à un ami « les gens aiment voir. » 

En 1817, il publie un essai sur le climat pour lequel il conçoit une carte inédite composée d’isothermes. C’est un système de représentation synthétique et visuel des données météorologiques qui étaient auparavant seulement représentées par des listes interminables de températures. En spatialisant ces données à l’échelle du globe, il réussit à les comparer et à faire apparaître différentes zones climatiques.

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Carte isotherme par William Channing Woodbridge, basée sur les données d’Humboldt

Il est l’inventeur des « isothermes », ces lignes courbes qui ceinturent le globe, que nous connaissons grâce au journal météo. 

Un influenceur avant l’heure

Bien avant Twitter et les emails, Humboldt est un homme de réseau. Hyperactif, il est à lui tout seul un point de relais, de distribution et de mise en circulation des informations scientifiques dans toute l’Europe. Il recommande et encourage de jeunes chercheurs dans tous les domaines. Il entretient une correspondance écrite phénoménale avec de nombreux scientifiques (plus de 30.000 lettres en tout !) et sponsorise des botanistes français, allemands et scandinaves en leur prêtant son propre argent pour financer leurs expéditions.

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Alexander Von Humboldt dans sa bibliothèque à Berlin

Pour lui la science ne peut évoluer sans échange et partage. Une fois rentré de sa grande expédition, il ne voyage quasiment plus. Aux naturalistes sur le terrain et à ses collègues étrangers, il demande de lui faire parvenir d’impressionnantes quantités de données qu’il classe via un système de boites thématiques avant de les utiliser méthodiquement pour appuyer ses publications.

Installé à Paris, il rédige ses premiers ouvrages en français. Depuis la Révolution, les sciences comme les arts jouissent ici d’une bien plus grande liberté que dans d’autres pays d’Europe. Maitrisant couramment l’allemand, le français, l’espagnol et l’anglais, Humboldt donne une dimension internationale à ses recherches. A la fin du XIXème siècle, son livre Cosmos, Essai d’une description physique du Monde est déjà traduit dans quinze langues ! 

« Tout le monde apprenait de lui: agriculteurs et artisans, écoliers et enseignants, artistes et musiciens, scientifiques et hommes politiques. » – L’Invention de la nature, Andrea Wulf

L’influence de son travail se fait ressentir dans tous les domaines. En sciences, son approche holistique et intégrée inspire l’astronome François Arago, l’anatomiste Georges Cuvier, le chimiste Joseph Louis Gay-Lussac, ou encore le jeune naturaliste Charles Darwin qui s’embarque sur le Beagle pour marcher dans les pas de son héros, lisant et relisant avec enthousiasme les écrits d’Humboldt pendant son voyage. 

Côté littéraire, Humboldt est reconnu et admiré par Balzac, Hugo, Chateaubriand, Flaubert, Emerson et Thoreau. Ces écrivains se passionnent pour la façon dont le scientifique arrive à mêler la description rigoureuse au récit poétique immersif.

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Peinture du volcan Chimborazo

Fervent défenseur des droits de l’homme, Humboldt influence aussi les hommes politiques de son époque. Il critique très tôt l’impérialisme, le racisme et l’esclavagisme. Il remet en question publiquement la façon dont le royaume d’Espagne gère ses colonies et en exploite abusivement les ressources naturelles et humaines. Jefferson, le président des Etats-Unis, tient absolument à le rencontrer pour échanger sur des sujets comme l’histoire naturelle et l’ethnographie, mais aussi pour avoir accès aux trésors inestimables d’informations qu’Humboldt possède sur l’Amérique centrale. 

A Paris, Humboldt fait la connaissance de Simon Bolivar avec qui il devient très ami. Ses descriptions du Venezuela nourrissent les rêves romantiques du jeune révolutionnaire et ses positions humanistes encouragent Bolivar à s’engager dans le combat pour l’émancipation des colonies espagnoles.

Humboldt est aussi l’inspirateur d’une nouvelle discipline nommée « écologie » par le biologiste allemand Ernst Haeckel. Haeckel définit l’écologie comme la science qui étudie les relations entre un organisme et son environnement. Il publie le livre Les formes artistiques de la nature, représentant de façon somptueuse des collections d’organismes vivants aux géométries complexes. C’est un manifeste du lien entre biologie et art qui connait un immense succès populaire, au même titre que les ouvrages d’Humboldt.

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Ernst Haeckel, « Forms of Nature », planche n° 84 représentant les différentes formes de diatomées

Activiste environnemental et passionné de botanique, John Muir est un « follower » de plus des théories d’Humboldt. Croyant plus en « l’université de la vie sauvage » qu’en l’école, il voyage à pied à travers les Etats-Unis rêvant d’aller lui aussi découvrir l’Amérique latine. Bloqué en Californie par des problèmes de santé, il tombe amoureux de la vallée de Yosemite et se met à étudier la région en détail tout en travaillant dans des ranchs, des scieries ou comme berger. Inquiet de l’impact que les activités humaines ont sur cet écosystème, Muir est convaincu qu’il faut sanctuariser ce lieu en lui conférant le statut de parc national. Il fonde le Sierra Club, une association dont le but est de protéger les espaces sauvages de la planète (« wilderness ») et promouvoir un usage responsable des écosystèmes et des ressources.

Une seule planète

Pour Humboldt, l’équilibre général de la planète est le résultat d’une infinité d’efforts mécaniques et d’attractions chimiques s’équilibrant. Décrivant la Terre comme un système physiologique dynamique en perpétuelle évolution, il anticipe de plus d’un siècle l’hypothèse de Gaia formulée par le climatologue anglais James Lovelock dans les années 1970. Il comprit très tôt que si la Terre est un organisme unique et interconnecté, elle pouvait être endommagée de manière catastrophique par les activités humaines. 

Véritable prophète de l’Anthropocène, Humboldt liste les trois façons dont l’espèce humaine influence le climat : la déforestation, l’irrigation à outrance, et les «grandes masses de vapeur et de gaz» générées par les activités industrielles.

Digne héritier des théories d’Humboldt, George Perkins Marsh publie en 1864 le livre L’Homme et la Nature, ou La géographie physique modifiée par l’action humaine. Le titre original plus pessimiste, « L’Homme comme perturbateur des harmonies naturelles », est refusé par son éditeur qui craint que cela ne nuise aux ventes…

Dans cet ouvrage, Marsh, comme Humboldt, insiste encore sur le fait que tous les éléments de la nature sont reliés. Il évoque les désastres de la déforestation, expliquant l’importance des services écosystémiques invisibles rendus par les forêts. Ainsi selon lui, plus les forêts disparaissent, plus les sols s’appauvrissent, plus la biodiversité décroit et plus le climat change. 

Au moment où les Etats-Unis se hissent au quatrième rang de puissance industrielle mondiale, Marsh tire la sonnette d’alarme. L’Homme et la Nature dénonce les méfaits de la toute-puissance économique et industrielle. Le livre raconte « une histoire de destruction et d’avarice, d’extinction et d’exploitation, de sols épuisés et d’inondations torrentielles. »

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Les leçons d’Humboldt

« Il semblerait que la boucle soit bouclée. Peut-être est-ce le moment pour nous, et pour le mouvement écologiste, de revendiquer Alexander von Humboldt comme notre héros. » – L’Invention de la nature, Andrea Wulf

Les penseurs contemporains de l’écologie, des sciences et de l’Anthropocène, comme Bruno Latour, sont les dignes héritiers du travail d’Humboldt. Voici les leçons qu’il nous a laissées et qu’il me semble urgent de ne pas oublier :

  • Miser sur le travail de terrain et s’immerger de manière physique et personnelle afin de découvrir un autre regard sur les sujets que l’on étudie.
  • Ne pas laisser le savoir et la pensée se faire mettre en boite dans des catégories ou des disciplines prédéfinies.
  • Faire circuler et partager de manière open source les informations scientifiques et les données de terrain.
  • Réaliser la puissance des images et de la représentation de sujets complexes auprès du grand public. S’en servir comme des outils d’éducation et de mobilisation citoyenne.
  • Admettre l’impact négatif des activités industrielles sur l’environnement, les ressources naturelles et le vivant. Adopter des stratégies nouvelles pour faire cohabiter hommes et nature. Passer d’un rapport de compétition et de domination, à un rapport de services mutuels et de coopération.

 

Plus

-Le livre: « L’invention de la nature, Les aventures d’Alexander von Humboldt », Andrea Wulf, Editions Noir sur Blanc, 2017

D’autres articles sur le livre et le personnage :

-Solidarité & Progrès: « Alexandre de Humboldt : saisir l’unité de la nature »

-The New Yorker: « Humboldt’s Gift »

-The Ecologist: « The Invention of Nature: adventures of Alexander Humboldt, lost hero of science »

-Geographical: « The Invention of Nature » 

 

Voyages immobiles

-Le podcast « Les baladeurs » : un podcast d’aventure et de mésaventure en pleine nature

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