Les plaisirs du Labyrinthe

Posted on 01/10/2013 par

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Perplexus va vous retourner la tête. Cet objet étrange combine une bulle de plastique digne de Buckminster Fuller avec, à l’intérieur, un enchevêtrement incompréhensible de bouts de plastique rappelant les expérimentations situationnistes des maquettes de New Babylon de Contant. Il rappelle certaines maquettes de l’OMA comme le hub de Zeebrugge, ou les bibliothèques de Jussieu ou de Seatle.

C’est un jeu d’enfant. Vous êtes une bille. Vous devez suivre un parcours semé d’une centaine d’épreuves sans perdre l’équilibre pour ne pas sortir de la route. La concentration est telle que votre esprit vous projette dans le casse tête. Ce n’est pas vraiment un labyrinthe car le but n’est pas de trouver une voie de sortie, il s’agit plutôt d’un parcours d’accro-branche, où vous devez trouver le bon geste pour franchir chaque épreuve. L’ensemble du dispositif est tenu par l’angoisse de ne pas perdre la boule qui tombe, émettant un Ploc! de chute sur la coque de plastique, avant de faire un roulement amplifié par le caisson de résonnance de la sphère.

Cet objet semble réaliser les dessins des parcours impossibles de Escher et rendre possible les enchevêtrements de passerelles des Carseri de Piranèse. Mais ici, tous les chemins mènent quelque part.

Perplexus

La construction spatiale de cette chose est une question qui taraudera tout les concepteurs qui mettront les mains dessous : le parcours est-il conçu à plat et ensuite emmêlé ? Est-il possible de mettre au point un tel dispositif sans un modèle 3D ? Un ébéniste a-t-il déjà inventé un tel engin, il y a plusieurs centaines d’années ? Comment les pièces sont-elles soudées entre elles ?

Toujours est-il que, le parcours spatial regorge de trouvailles dont Le Corbusier ou Rem Koolhaas auraient pu être jaloux. La scénographie des mouvements compose des rampes, des escaliers, des passerelles, des couloirs, des pièces pivotantes, des nacelles, des détours, des spirales, etc… Ce jeu réunit deux figures architecturales fondamentales : le labyrinthe et le mégaron, un complexe spatial intérieur dans une forme unitaire extérieure, comme les pyramides ou le mausolée d’Hadrien du Castel Sant’Angelo à Rome.

Le chemin à suivre dans ce jeu pourrait être une métaphore de la conception d’un projet, où il faut tenter et échouer sans cesse pour réussir à trouver le parcours fluide solutionnant les questions qui se posent tout au long de la mise au point. Dans l’histoire d’un projet, il y aurait ainsi une ligne unique et compliquée ponctuée d’épreuves qu’on pourrait reconstituer à postériori.

Perpelexus Epic et autres modèles, iello

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